J'avais les pieds en plein dedans.C'est ce qu'on appelle être pris au piège.Je voulais prendre sur moi, jouer sur l'indifférence, et ne pas sombrer, une fois de plus.
Et pourtant.
Tu avais bel et bien raison, nous n'avons fait que revenir un mois en arrière.En pire.Les mêmes décors, en beaucoup plus sombre et glauque.Le paysage a pris des couleurs rudes, il suffit de faire tourner son regard autour de soi pour sentir l'envie de gerber se manifester.J'ai marché, couru, mais je ne ressentais absolument rien: il est bien arraché, il n'y a pas de doutes.Les mêmes voix m'entouraient, les mêmes cris, les mêmes souffles, à la seule différence que MOI, je n'étais plus là, mon corps avait été poussé sur l'autoroute.J'ai alors senti l'OUBLI m'envahir, mon "MOI" rimait avec PASSE.Mais ils ignoraient que j'étais prête à prendre n'importe quoi venant d'Eux, un sourire se manifesta donc sur mon visage terni, il s'illumina, j'étais prête à respirer.Aujourd'hui, j'ouvre enfin les yeux, et la seule chose que j'arrive à voir, c'est ma personne, se faisant traîner par les pieds.Je vous remercie donc pour cette délectation qui s'affiche aussi vite, devant mes yeux crevés par les désillusions.Quitte à faire mal, autant se l'infliger à soi même, à cette enveloppe que l'on n'a en aucun cas choisie.
En contrecoup, je viens de comprendre que je n'arriverai jamais à m'en délivrer, cette salissure sera comme une OMBRE à chacun de mes pas.J'aurai beau boucher le tuyau d'alimentation, le stopper, l'arracher, cette essence sera à jamais ancrée sous ma peau, glissera dans mes veines.
ALORS CONTEMPLEZ.