Il doit être 16h45.Le train ralentit.Il pleut, je retrouve enfin cet univers macabre.Ma musique m'abrutie et j'ai terriblement envie de fumer.Je n'ai même plus besoin de penser pour couler.Les larmes les plus lourdes tombent violemment sur mon pull déchiré.Les passants me regardent avec horreur: les yeux encerclés de cernes, rouges de douleur et prêts à exploser, je me traîne.Sans but.Je marche, mes pas s'accélèrent malgré mes tremblements.Il faut à tout prix que je quitte ce ramassis de souvenirs et de souillure.Cet endroit est devenu le rendez-vous des winners.Munis de leurs billets, ils ne font que FUIR, pour pouvoir mieux s'écraser.J'en fais partie me diriez-vous.Et vous auriez raison.La nuit ne va pas tarder à tomber, j'ai chaud, je suis glacée j'essaye de me repérer, il n'y a plus d'étoiles.Mon esprit est embrouillé de cris, de regards, de bouteilles, de nuées de fumée, de rires, de reniflements, de déséspoir.Et ca me plait.J'ai mal, tes mots me reviennent, la lueur dans les yeux que j'avais auparavant perdue.Tout ca est fini, je suis trop désillusionnée, écrase-MOI.Je ne ressens plus rien, mes bras ont trop peur pour se débattre, ma tête est trop humiliée pour se relever, mes lèvres trop salies pour crier.Elles deviennent bleues, sont désséchées.Les lumières des réverbères m'agressent, mes yeux me piquent, je n'vois plus la souffrance, je la contemple.J'ai juste besoin d'une trêve, je ne vois personne, ne parle à personne.J'ai peur et pourtant je me laisse aller.Mes jambes fatiguent, je m'allonge sur un banc.J'ai toujours aussi froid, plus de quoi fumer, et mon verre est vide.Je me blottis dans mon pull, beaucoup trop grand pour moi, puisqu'il est à sa taille, relève la capuche.Je sens d'ici la pourriture qui émane de mOi.
J'ai PERDU.

